Gamification en domaine skiable : collectionner les pistes plutôt que compter les remontées
Les domaines skiables mesurent beaucoup de choses : premières entrées, passages aux remontées, dénivelé. Mais le système d'accès connaît la remontée, pas la piste. C'est précisément là que se trouve l'une des formes les plus simples de gamification en domaine skiable : collectionner les pistes. Un objectif de saison qui fait revenir les habitués plus souvent, anime les secteurs moins connus et vous montre qui sont vos visiteurs les plus fidèles. Sans application propre et sans nouvelle infrastructure sur les pistes.
Pourquoi la gamification en station s'arrête souvent au bilan de la journée
Beaucoup de domaines skiables proposent aujourd'hui un bilan numérique de la journée : dénivelé parcouru, nombre de remontées, parfois des photos ou des mesures de vitesse. C'est une belle expérience le soir, après le ski. Mais il n'en reste pas grand-chose sur la saison, parce que ce bilan ne fixe aucun objectif. Qui a avalé 8'000 mètres de dénivelé aujourd'hui n'a aucune raison de revenir demain, à part la neige.
En même temps, la saison est courte et dépend de la météo. Selon Remontées Mécaniques Suisses, les premières entrées (journées-skieurs) de l'hiver 2025/26 étaient inférieures d'environ 2 % à l'hiver record précédent, mais supérieures de 13 % à la moyenne quinquennale. Le début de saison a été faible faute de neige jusqu'à la mi-décembre, le printemps en revanche excellent. Chaque journée de ski supplémentaire de vos habitués compte donc double.
La lacune : le tourniquet connaît la remontée, jamais la piste
Une remontée dessert le plus souvent plusieurs descentes. Le système d'accès ne peut pas savoir laquelle a été choisie, puisqu'il ne mesure qu'au tourniquet. Pour la gamification, c'est déterminant, car les pistes ont ce que les remontées n'ont pas : un nom, une couleur et une réputation. La piste noire, la descente vers la vallée, la piste de Coupe du monde. C'est de cela que les skieurs parlent, pas du télésiège.
Seul le GPS permet de saisir les pistes une par une. Cela semble compliqué, mais pour beaucoup de skieurs, ça ne l'est pas : qui enregistre déjà ses journées de ski avec une montre de sport ou son smartphone n'a rien de nouveau à apprendre.
Collectionner les pistes : l'objectif de saison le plus simple
Le principe s'explique en quelques lignes :
- Chaque piste est un checkpoint. Qui la descend la collectionne. Une fois suffit.
- Compléter des secteurs entiers. Qui a collectionné toutes les pistes d'un secteur reçoit un badge. Au passage, cela attire les skieurs dans des coins du domaine qu'ils auraient sinon laissés de côté.
- Des niveaux sur toute la saison. Par exemple à 10, à 25 et à toutes les pistes, avec des récompenses à faire valoir dans le domaine skiable : un café au restaurant d'altitude, un rabais au magasin de sport, un forfait journalier pour un accompagnant.
- Wall of Fame. Qui a réussi toutes les pistes figure sur la liste. Pour les habitués ambitieux, c'est une excellente raison de remonter un jour de plus.
La différence avec le bilan de la journée : le format fixe un objectif sur toute la saison. Chaque nouvelle piste est un progrès, chaque niveau une occasion d'envoyer un message personnel, et chaque case vide sur la carte de collection une raison de revenir.
Une variante pour les pistes mythiques : qui la descend le plus souvent ?
Certains domaines skiables ont une piste chargée d'histoire, par exemple une piste de Coupe du monde ou de course. Une deuxième mécanique s'y prête, l'Effort Counter : on ne récompense pas le plus rapide, mais celui qui descend la piste le plus souvent. Sur une piste ouverte au public, c'est aussi le meilleur choix pour des raisons de sécurité, car un chronométrage en pleine exploitation n'est pas une bonne idée. Des niveaux à 1, 5 et 10 descentes, un badge caché pour le record et un classement font de la piste une légende qu'il faut mériter.
Répartir les rôles plutôt qu'ajouter une deuxième application de ski
Beaucoup de domaines skiables travaillent déjà avec une application pour le bilan de la journée. Un format de collection ne la remplace pas, il la complète :
| Bilan de la journée via le système d'accès | Format de collection avec LaceUp | |
|---|---|---|
| Saisit | passages aux remontées, dénivelé, entrées | pistes, secteurs, répétitions |
| Horizon temporel | une journée de ski | toute la saison |
| Motivation | rétrospective | objectif |
| Contact | selon la solution, chez le prestataire ou chez vous | chez vous, avec consentement |
| Participation | via l'application concernée | via montre de sport, enregistrement sur smartphone ou QR code à des points marquants, sans téléchargement d'application |
Autre avantage : le format ne s'arrête pas aux limites de l'entreprise. Plusieurs sociétés de remontées mécaniques d'une même région peuvent proposer ensemble un format de collection, même si leurs systèmes d'accès sont séparés. Et en été, la même base de participants peut être réactivée avec des sommets, des cabanes ou des parcours VTT.
Ce qu'un format de collection n'est pas
L'honnêteté impose aussi de dire ce qu'un format de collection ne doit pas faire. Ce n'est pas une source de données pour la gestion des pistes. Les données GPS proviennent de participants qui se sont inscrits volontairement. C'est un groupe précieux, mais pas un comptage représentatif de tous les skieurs. Pour l'enneigement ou la préparation des pistes, vos systèmes existants restent la bonne base.
Et en hiver, la saisie est plus exigeante qu'en été. Doigts gelés et gants rendent les scans de QR code laborieux. C'est pourquoi nous n'utilisons des QR codes qu'à quelques points marquants, par exemple à la station supérieure, et laissons les pistes à l'enregistrement GPS.
Questions fréquentes
Le GPS est-il assez précis en domaine skiable pour distinguer les pistes ? Les pistes sont définies comme des zones, et la tolérance se règle pour chaque format. Là où deux pistes passent très près l'une de l'autre, on choisit un tronçon marquant comme checkpoint. En plus, un algorithme développé avec l'ETH Zurich vérifie les enregistrements pour détecter les irrégularités.
Les skieurs ont-ils besoin d'une montre de sport ? Non. L'enregistrement avec le smartphone suffit. Qui ne veut rien enregistrer du tout peut faire son check-in à des points marquants par QR code ou lien dans le navigateur.
Est-ce que cela concurrence notre application de ski actuelle ? Non. Le bilan de la journée reste là où il est. Le format de collection fixe un objectif de saison et fonctionne dans votre identité visuelle. Les deux peuvent être communiqués en parallèle.
Quand faut-il démarrer pour être prêt la saison prochaine ? Avec environ six semaines de préparation, un format est prêt à partir. Pour un lancement en début de saison en décembre, il faut décider d'ici fin octobre. Un format pour la deuxième moitié de la saison, par exemple des vacances de février à Pâques, peut encore être mis en place en cours d'hiver.
Conclusion
La gamification en domaine skiable n'a pas besoin d'être compliquée. Les pistes ont des noms, des couleurs et des histoires, et les collectionner est un objectif que chacune et chacun comprend immédiatement. Un format de collection fait revenir les habitués plus souvent, anime les secteurs plus calmes et crée un lien direct avec vos visiteurs les plus fidèles, sur toute la saison et dans votre propre identité visuelle.
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